Dialogue avec le sénateur

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Petit échange à propos de la réforme ferroviaire sur la page Facebook de Guillaume Gontard, notre sénateur préféré pour le Sud Trièves…

https://www.facebook.com/profile.php?id=100009151634114

Mister Senator : « On fonctionne à l’envers. On aurait dû commencer par les grandes orientations : débattre de l’interconnexion, de la place du réseau ferré dans le développement des territoires et de son financement. Tant que ces questions ne seront pas réglées, il y aura toujours le risque que des lignes ferment »

Myself :  Personnellement je pense qu’au stade ou en est arrivé la SNCF, l’ouverture à la concurrence ne peut que faire remonter la qualité de service.

Mister Senator :  La qualité du service comme vous dites (ponctualité, nombre de trains,…) est principalement due à l’état catastrophique de notre réseau. Le cas est flagrant sur Grenoble/Lyon. La concurrence ne changera rien sur le nécessaire investissement dans les infrastructures. Les pays qui sont donnés en exemple (la concurrence est d’ailleurs très faible, la Deutsche Bahn en Allemagne a un quasi monopole) ont d’abord largement investi dans leur réseau. C’est le cas de l’Allemagne (plus de 40Md en 5 ans), de la Suède et même du Japon. Le gouvernement annonce 3,5Md par an sur 10ans et il ne s’agit pour l’instant que d’annonces, nous sommes très loin du compte. La nouvelle règle d’or imposée à SNCF réseau n’arrangera rien et le passage en SA pénalise l’entreprise sur les marchés financiers (un comble). Personne ne se pose de question de dette pour l’infrastructure routière. Pourtant s’est bien l’état et les collectivités qui investissent (sans retour sur investissement) sur nos routes avec l’argent public. Je souhaite que vous ayez raison. Pour ma part,  je crains que la concurrence apporte, en guise d’amélioration de service, au mieux un bonbon à la menthe et un verre d’eau  mais en contre parti beaucoup de dessertes ferroviaires en moins!

Myself : Bonjour

Je suis tout à fait d’accord avec vous sur l’état catastrophique du réseau. Pendant des décennies, on a misé sur le tout TGV en négligeant totalement les autres lignes. Et en contraignant à des détours invraisemblables pour rester sur les lignes à grande vitesse.

Exemple : mon père qui habite à Nancy venait auparavant par un train Nancy – Dijon – Lyon – Grenoble. Maintenant on lui suggère soit de monter à Metz, 50 km au nord, par un tortillard avant de faire le grand huit par Strasbourg – Besancon – Dijon. Autre possibilité, aller sur Paris, changement de gare par métro, puis TGV sur Dijon et Lyon. Ou comment faire faire 600 km (avec les tarifs en conséquence) au lieu de 200 en ligne droite. Nous sommes donc passés à Blablacar…

Le tout est agrémenté d’une dette invraisemblable de 47 milliards d’euros qui s’alourdit de 3 milliards chaque année. Heureusement le gouvernement s’est engagé à reprendre 35 milliards de celle ci.

Cela permettra effectivement de dégager un investissement de 35 milliards sur 10 ans, effort considérable et que notre bon président a décidé de consacrer aux trains du quotidien. On peut donc espérer voir le réseau classique se redresser peu à peu après un abandon quasi total.

http://www.rfi.fr/…/20170703-transports-tgv-versus…

Vous dites que la Deutsche Bahn a une situation de quasi monopole et semblez vous inquiéter pour le sort des petites lignes. Or c’est précisément sur ces petites lignes que la Deutsche Bahn a perdu 30% du marché face à 450 petits concurrents qui ont su les revitaliser avec le soutien des Landers.

http://www.lepoint.fr/economie/la-deutsche-bahn-un-modele-pour-la-sncf-02-03-2018-2199107_28.php
Le maintien ou non de ces petites lignes, forcément déficitaires, dépendra du bon vouloir des régions qui devront faire un choix politique à assumer devant leurs électeurs. Mais on peut penser qu’un peu de concurrence et de dynamisme permettront de limiter les couts et par là le déficit.

Je pense que la concurrence aménera plus que le bonbon à la menthe et le verre d’eau. Par exemple une simple prise de courant et la wifi pour chaque siège, rien de révolutionnaire mais que la SNCF semble incapable d’offrir à ses clients malgré ses tarifs prohibitifs et totalement inaccessible aux familles modestes (exception faite des familles de cheminots qui voyagent à l’oeil…).

Nous verrons cela rapidement. Lors des appels d’offres, si la SNCF fait la meilleure offre elle emportera le marché, sinon elle le perdra. Que le meilleur gagne !

Concernant le statut des cheminots et leur retraite à 52 ans pour les roulants et à 57 pour les autres, je ris un peu jaune. Les infirmières qui font également du travail de nuit dans des conditions difficiles et avec de lourdes responsabilités la prennent parfois à 67 ans.

La SNCF, c’est 150 000 actifs et 400 000 retraités. Cela est certes du à la baisse des effectifs mais également à cet age de retraite indécent. La réforme ne changera les choses que lentement puisqu’elle ne concernera que les nouveaux embauchés à partir de 2020, mais elle va au moins dans le bon sens.

Affaire à suivre…

 

 

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